20 ans de caves et de squats, 20 ans de live et de fun : Outrage, c'est 20 ans de punk rock dans les guibolles.

Originaire des Pays-de-la-Loire, le groupe fondé en 1996 affiche plus de 500 concerts à leur actif aux côtés de SKA-P, Archive, Shakaponk, Fishbone, Les Ogres de Barback, Parabellum, Kiemsa, Rubin Steiner, Marcel et son Orchestre, ZSK, La Ruda, Uncommenmenfrommars, Les Sales Majestés, Lofofora... etc... Le combo se tourne aujourd'hui vers un style territorial qui illustre leur volonté d'élargir la notion de punk rock : l'europunk.

Villa Rotenburg : europunksongs

« Rotenburg, ville industrielle en déclin du nord de l'Allemagne. C'est là-bas qu'on était perdu, à la recherche d'une salle de concerts qui ne semblait pas avoir d'existence. En fait on y était, la « Villa » était en face de nous, dans le sous-sol de l'une des innombrables maisons identiques de la banlieue grise : un squat autogéré par des Allemands et des expatriés de toute l'Europe. Concert dingue, after improbable sur fond de mix électro-tradi et surtout discussions en anglais, allemand, français, espagnol, italien voir russe (!?!). Le lendemain, tout était réglé : il nous fallait composer des morceaux redonnant vie aux musiques populaires européennes, en les modernisant, en les « punkisant ». Ce disque, c'est « mille fois la même mélodie, mille fois de manière unique », comme une invitation au voyage à travers l'Europe, mais pas n'importe laquelle : l'Europe libertaire, unique et multiple, anti-libérale et anti-fasciste, ouverte et fraternelle. »
11 titres chantés en français, anglais, allemand, italien, russe, espagnol, serbe...

Biographie :

Formé comme de nombreux autres sur les bancs du collège, le groupe s'étoffe et mute à force de millions d'heures de répètes et d'expulsions de locaux (caves, greniers, fermettes, locaux associatifs...). En 2000 sort le premier 5 titres, « Persévérer », en coproduction avec le manager des Caméléons. C'est, dès le début, le DIY (Do It Yourself) qui caractérise le son et le groupe : « la musique, l'harmonie, le tempo, on voulait l'apprendre nous même, sans structure qui nous aurait formaté en nous empêchant de faire nos propres erreurs ». Ce qui caractérise également aujourd'hui encore Outrage, c'est une amitié profonde, qui prend le pas sur la professionnalisation : « Il fallait tenir un équilibre entre certains membres qui ne jouaient pas toujours correctement et une musique qui reste écoutable. Aujourd'hui les tâches sont mieux réparties même si on s'envoie encore des dizaines de mails par jour. ».

La suite ne tarde pas à venir avec un premier album, « Le souffle des fous », enregistré en 2002 au Garage Hermétique auprès du nouveau gourou du groupe, Nicolas Moreau (Zabriskie Point, The Libertines...) : « C'était la découverte du studio du haut de nos 22 ans. On dormait le jour et on enregistrait la nuit auprès d'un type qui avait de fausses crottes de chiens collées sur ses shooses et entourés de milliers de grattes et d'amplis, un rêve de gosses, quoi !! Depuis on enregistre toujours là-bas... ». Ce premier long format leur permet d'obtenir pour la première fois une distribution nationale avec Tripsichord. Les compositions électriquement dérangées de l'époque naviguent entre ska et punk rock et les destinations de plus en plus lointaines tombent de plus en plus vite.

Alors que le ska punk revival explose, le groupe retourne en studio en 2005 afin de coucher sur bandes des compositions souvent réalisées dans les camions lors des tournées. « Irrécupérables » est alors bien accueilli par la critique et de nombreux titres figurent sur diverses compiles (2Tongue Vol 2 et Vol 3 (Québec), Hexagone Riddim (Wagram Music), Le ska punk dans tous ses états (Productions Spéciales), Skannibal Party 4 (Allemagne, Mad Butcher record)... « On est des punks bien élevés : on avait appelé Michel Tonnerre, un chanteur breton, pour lui demander l'autorisation de reprendre son titre phare, Mon petit garçon. Il était super sympa et surtout très étonné qu'on l'appelle car d'habitude les musiciens reprenaient ce titre sans lui demander... RIP Michel et à la tienne, ton tube a été chanté à travers tous le pays !!».

Délaissant pour un temps le ska, Outrage se tourne alors vers le gros punk rock burné avec deux albums, « Court Circuit » (2008) et « Ryzhom » (2011). Les cuivres ont laissé leur place aux orgues Hammond et aux machines pour appuyer des rythmiques explosives et sales. Ces albums entraînent alors le groupe hors de France à travers des tournées mythiques (Allemagne, Pays-Bas, Belgique, Suisse) tant pour eux que pour leurs rencontres : « L'idée, c'est que le concert, c'est bien sûr le moment le plus attendu, mais ce n'est pas tout, il y a l'avant et surtout l'après. On a des souvenirs qui ne tiendraient pas dans un bouquin de 500 pages. De toute manière le livre serait censuré !! ».

En 2013, c'est le grand retour des cuivres et du punk rock tout autant festif qu'engagé. L'objet, nommé « Eldorado Pagaille », contient d'une part un nouveau CD inédit et d'autre part un DVD figeant 1h15 de concert (live filmé au Ferrailleur de Nantes, lors du concert d'adieu de Kiemsa) ainsi qu'un reportage réalisé par le guitariste du groupe : road trip, backstage, fous rires et galères pour marquer les 15 ans. « Jibes, il a en permanence une GoPro sur lui, c'est parfois pénible et gênant, notamment lors de revisionnage de soirées, mais ça permet aussi de garder des souvenirs que notre mémoire efface trop vite. Pour le reportage, il s'est enchaîné plusieurs semaines de visionnage de concerts parfois tellement mal joués...».

Mais c'est en live que le groupe prend tout son sens : « Un concert, cela doit se vivre comme si on allait crever après, comme si c'était le dernier. Souvent on nous demande si on a pas le trac. Comment l'avoir quant à gauche et à droite on est entouré de ses potes ? On a arrêté depuis bien longtemps de poser comme de bons petits rockeurs sur scène : maintenant on se fout de tout, y compris de nos fausses notes ! Ce qui compte, c'est le partage et l'authenticité, on ne se fait pas passer pour d'autres, on est comme n'importe qui du public qui monterait sur scène avec ses potes pour se marrer et partager des idées. Alors à très bientôt n'importe où en Europe !! »